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Le mot du curé

Quelle est la place où Jésus m’appelle en ce début d’année ?

Connaissez-vous la devise du centre de loisir pour enfants, le patronage St Jacques ?  « Ici chacun peut trouver sa place ! » C’est une devise que l’on souhaite vivre dans l’ensemble paroissial. Alors comment trouver sa place ?  Et bien le défi lancé par Jésus en ce début d’année pastorale est celui de s’asseoir à la bonne place, dans notre famille, dans notre communauté chrétienne. La Parole de Dieu de ce jour peut nous aider à trouver notre place, en nous faisant méditer sur l’humilité, la dépossession, le désencombrement, la gratuité, la sagesse par-dessus tout. Il s’agit de savoir que notre place dépend des autres et de Dieu. Dès lors, nous pourrons entrer dans la joie de notre Seigneur comme le chante le psaume. Observons les trois temps de la mise en place des invités dans l’Évangile : accepter l’invitation ; choisir sa place avec humilité et sagesse ; tenir sa place avec responsabilité.

1-Accepter l’invitation du Christ

Tout d’abord, félicitations pour avoir répondu à l’invitation de Jésus ce matin. Vous avez entendu sa sollicitation au milieu du brouhaha de ce monde, des nombreuses activités de ce début d’année. Vous réjouissez le cœur de Dieu et le cœur de vos frères et sœurs qui sont heureux de vous retrouver. La question du jour est de savoir si vous êtes assis à la bonne place dans cette église : trop devant, trop derrière, parfois toujours à la même place. On aime bien les bonnes habitudes, avoir toujours la même place…. Or, en ce début d’année, le Seigneur nous bouscule en disant que la place est d’abord un appel de Dieu avant d’être un choix personnel ! Jésus veut nous enseigner la bonne manière de commencer l’année. Il ne veut pas nous donner de simples conseils de savoir vivre. Il s’agit de quelque chose de bien plus important ; pour comprendre ce message, c’est vers le Christ que nous devons regarder : dans sa lettre aux Philippiens, saint Paul dit que Jésus “s’est abaissé… jusqu’à mourir et mourir sur une croix. C’est pourquoi Dieu l’a élevé au-dessus de tout.” C’est ainsi que Jésus nous montre le chemin qui conduit à vivre en enfants de Dieu.

2- Il s’agit de choisir sa place avec humilité et sagesse

Dans notre église, les gens choisissent parfois de se mettre au fond de l’église. Est-ce par humilité, par timidité, pour ne pas être dérangé ? L’évangile nous montre Jésus invité chez un chef des pharisiens pour y prendre son repas. Il constate que les invités choisissent spontanément les premières places. Alors, il dit une parabole pour remettre les choses à l’endroit : “Va te mettre à la dernière place, dit-il ; et on te dira : avance plus haut”. A travers ces paroles, le Christ nous parle des conditions d’admission au Royaume de Dieu : il nous recommande de bannir toute ambition personnelle, tout sentiment de supériorité. St Paul invite avec sagesse à considérer l’autre comme supérieur à soi-même…

Jésus ne dit pas de nous dévaloriser ou de nous sous-estimer. Il invite à l’imiter dans son chemin de vie : renoncer à toute ambition personnelle pour se laisser élever par le projet Père de faire de nous des enfants rachetés et bien-aimés. Cela demande de fixer son regard sur le Christ et un détachement du regard des autres. Ben Sirac dans la première lecture parle de cette sagesse :

« Mon fils, accomplis toute chose dans l’humilité, et tu seras aimé plus qu’un bienfaiteur. Plus tu es grand, plus il faut t’abaisser : tu trouveras grâce devant le Seigneur ».

Ben Sirac a rencontré des personnes qui avaient des responsabilités importantes et savaient que l’orgueil du pouvoir corrompt au plus profond de l’être. Ce sont les humbles qui rendent gloire à Dieu. En accomplissant “toute chose avec humilité”, ils s’accordent au Seigneur lui-même, à son Cœur doux et humble.

Voici une image pour comprendre l’importance de se considérer toujours en dessous des autres et de l’Esprit de Dieu. Les eaux qui irriguent toute vie sur la planète viennent des sources des montagnes et de la pluie du ciel, puis se forment des rivières qui se rejoignent dans des fleuves et ultimement dans les océans. C’est l’aptitude des océans à se tenir sous le niveau des rivières qui lui permet de recueillir l’eau vive. Dieu est cette eau vive qui veut nous combler de son amour. Mais cela ne sera possible que si nous restons au juste niveau, à la bonne place. C’est l’humilité qui nous aide à accepter notre petitesse et la grandeur de Dieu. Si nous restons imbus de notre orgueil et de notre supériorité, ce ne sera pas possible.

3-Ensuite, une fois qu’on a été mis à sa place par Jésus dans la communauté chrétienne, il s’agit de tenir sa place avec responsabilité.

Ste Thérèse d’Avila disait : l’humilité c’est la vérité. C’est-à-dire qu’il convient d’accepter la vérité de ce que nous sommes avec courage. « Quand on te demande d’avancer au premier rang, fais-le dans la joie et assume ». On n’est pas appelés à rester au dernier rang, mais plutôt à accepter la place que Dieu a préparé pour nous. Autrement dit quand les frères du service accueil vous invitent à passer du dernier rang aux premiers rangs de l’église, prenez-le comme une bénédiction. Une bénédiction, cela ne se refuse pas ! Plus on est proche de l’autel, plus les grâces déversées du Cœur de Jésus sont accessibles… n’ayez-pas peur, ayez confiance c’est moi qui vous invite dit Jésus quand le service accueil vous parle.

Si quelqu’un vous appelle pour avoir la place de fleuriste à St Jacques, de catéchiste à l’Immaculée Conception, d’électricien ou de jardinier, à participer à l’animation d’un groupe paroissial, écoute et si tu y reconnais la voix intérieure d’un appel de Jésus à servir ton prochain, répond avec générosité. Être à la fois généreux et désintéressé, c’est le meilleur moyen de gagner le cœur de Dieu et celui des hommes. L’humilité c’est la vérité. La Vierge Marie humble servante, ose chanter dans son Magnificat « le Puissant fit pour moi des merveilles… toutes les générations me diront bienheureuse ! » Il s’agit de se laisser élever par Dieu comme la Vierge Marie et comme le chante le psaume « Bénis soit le Seigneur qui élève les humbles ».

Jésus nous a donné le plus bel exemple d’humilité. Il ne s’est pas attribué la place de Sauveur, mais il l’a reçu des mains de son Père et l’a assumé docilement à l’Esprit Saint. Il est né dans les conditions les plus ordinaires. Il a vécu parmi les pêcheurs du lac de Galilée ; il a accueilli des publicains, des pêcheurs notoires, des malades. En toute circonstance, Jésus le Maître et Seigneur a été un modèle d’humilité et a enseigné à ses disciples à servir ses frères.

En ce jour, nous voulons recevoir de Toi Jésus notre place dans notre famille, dans notre communauté, dans ce monde. Toi qui connais notre orgueil et nos désirs de grandeur, nous te prions : montre-nous le bonheur qu’il y a à donner sa vie pour ceux qu’on aime ; ainsi, nous parviendrons tous à la joie de ton Royaume. Amen