Notre société est désenchantée, elle ne sait plus à quel saint se vouer, ou plutôt, elle a tellement de dévotions modernes qu’elle a perdu le sens de son existence. On entend parler de dénatalité, de dépression, de sécurité plutôt que d’aventure, de vacances plutôt que de travail, de guerre plutôt que de fraternité, d’aide active à mourir plutôt que de transmission de la vie. Le monde est désenchanté, ou bien faussement enchanté par ses propres créations comme la technique, l’Intelligence Artificielle qui attirent avec elles les vieux démons de l’occultisme et autres pratiques anciennes. Aucun de ces enchantements ne comble l’âme ni ne conduit au bonheur durable.
Alors comment réenchanter notre monde ?
Pourquoi ne pas prendre au sérieux le monde enchanté des petits et les poser au centre de la vie sociale et religieuse ? Il s’agit de se décentrer de soi-même, de regarder le plus petit et se laisser enchanter par l’imprévu du moment présent. C’est le choix de Dieu quand il décide de se manifester comme un petit enfant dans une crèche du petit village de Bethléem. Cet enfant a enchanté le ciel avec le Gloria des anges et la terre avec joie les bergers.
Alors au cours de l’Avent, laissons le ciel se pencher sur la terre pour répandre sa justice et son amour dans nos relations familiales et de voisinage. Laissons-nous enchanter par le monde merveilleux de Dieu et de sa Création. Cet univers est bien plus réel que le terrestre qui passe et trouve son sens en regardant le ciel.
Que l’attente de l’Avent fasse grandir notre désir du merveilleux de Dieu et que Noël soit une expérience d’enchantement de notre vie.
Père Xavier
