Vous êtes une nouvelle porte

Homélie de la Rentrée paroissiale du 27 septembre 2026 

Dans l’Évangile, Jésus nous donne une clé pour être de bons ouvriers dans sa vigne : il nous invite à ce que notre « oui » soit un vrai oui et notre « non » devienne un oui à Dieu. Cela signifie savoir dire non à ce qui n’est pas de Dieu. Le Christ est le « oui » parfait au Père. Il était uni au Père au point de ne faire qu’un avec lui et d’accomplir sa volonté jusqu’au bout.

En cette rentrée paroissiale, demandons au Seigneur d’avoir les mêmes dispositions que celles qui sont dans le Christ Jésus : l’humilité, la douceur, la compassion et l’unité (Ph 2, 2-5). Les acquérir est le chemin de toute une vie. Cela demande une longue maturation et passe parfois par des refus de notre part, comme l’ouvrier qui, dans la parabole, ne répond pas d’abord à l’appel de son maître.

Quel que soit notre point de départ, quelle que soit notre disposition aujourd’hui, ce qui importe, c’est le « oui » final à Dieu : la porte ouverte à son appel.

J’aimerais vous parler de ce « oui » à Dieu à travers le symbole de la porte.

Nous venons de bénir la nouvelle porte Saint-Jacques, au 89 boulevard des États-Unis. Je salue au passage les équipes qui ouvrent chaque jour les portes des églises du Grand Trou, de Moulin-à-Vent et des États-Unis. Ce service est un acte de prière et de mission : une porte ouverte entre Dieu et la société.

Jésus dit : « Je suis la porte », c’est-à-dire le passage qui conduit vers Dieu le Père.

Dans quelle mesure notre communauté chrétienne est-elle une porte qui conduit vers Dieu ? Dans quelle mesure sommes-nous des portes ouvertes aux habitants de nos quartiers pour rendre Dieu proche de leur vie ?

En effet, nous sommes les portes dont Dieu se sert pour rejoindre les habitants de nos quartiers.

Pourquoi avoir ouvert une porte au 89 boulevard des États-Unis ?

Parce que les personnes qui passent sur le boulevard et qui vont au marché nous ont souvent dit : « Il y a une église ? On ne savait pas ! » Ou encore : « Je suis passé devant, j’ai vu une église, mais je ne trouvais pas la porte. »

Soyons conscients qu’il n’est pas toujours facile de rejoindre une communauté chrétienne et de s’y intégrer, pas plus qu’il n’est facile de trouver sa place dans nos équipes de service. Les portes de nos cœurs et notre capacité d’adaptation doivent sans cesse se laisser transformer par le souffle de l’Esprit de Dieu.

Pourquoi cette porte a-t-elle un porche ?

Pour être visible.

De plus, ce porche a été réalisé dans le style des porches de Tony Garnier, qui a construit les premiers immeubles de ce quartier. Des pieds de glycine sont destinés à le recouvrir progressivement de végétation.

Autrement dit, la porte doit être visible des habitants et faire partie du paysage : elle doit nous rappeler que nous sommes appelés à vivre au milieu des gens, au cœur de leur vie.

La vocation du chrétien est de manifester le Christ. Comment pourrions-nous cacher la Lumière du monde sous le boisseau ?

Comment être une porte, c’est-à-dire un passage vers Dieu ?

Reprenons trois éléments donnés par le pape Léon XIV lors de sa visite en France.

La première réponse, donnée aux jeunes vendredi soir, est l’amitié avec Jésus, qui est à la base de toute vie chrétienne authentique.

Si je suis depuis longtemps un ami du Christ, il faut que mon « oui » à Dieu persiste et soit entretenu par la prière et le service.

Si je suis un nouvel ami de Jésus, il est probable que je doive mettre en place des rendez-vous réguliers avec lui : une visite au Saint-Sacrement dans la chapelle, la prière avec la Parole de Dieu du jour, la prière du chapelet avec Marie…

Une deuxième réponse est de cultiver les qualités de Dieu qui transforment le monde et donnent sens à la vie : le vrai, le beau et le bien.

Soyons des chercheurs de vérité, sans tabou et sans compromis lorsqu’il s’agit de la vie et de l’éthique. Ne nous contentons pas de penser ce que pensent les autres ou de faire ce que font les autres.

Soyons des artisans du beau, car la beauté nous conduit au Christ. Si chacun possède son petit coin de beauté — ses plantes, ses peintures, sa musique — alors il aura son petit coin de paradis. La saleté et la laideur ne sont pas une fatalité. C’est pourquoi nous nous efforçons d’embellir nos églises, nos jardins et l’intérieur de nos maisons. On dit que la beauté sauvera le monde, parce qu’elle le transforme et lui manifeste la présence de Dieu.

Soyons bons les uns envers les autres. Pour que les gens découvrent que Dieu est bon, faisons le bien — comme le rappelle la « bonne action » quotidienne des scouts — spécialement envers les plus fragiles et ceux qui sont différents de nous.

Voilà de belles qualités qui transformeront nos lieux d’accueil et notre manière de vivre ensemble, à la croisée des cultures.

Une troisième réponse est de s’engager dans la vie associative, sociale et politique. Le pape a rappelé au président de la République que la société peut compter sur les chrétiens pour s’engager au service du pays.

En tant que communauté, comment sommes-nous une nouvelle porte vers Dieu, vers le vrai, le beau et le bien ? Cette nouvelle porte du 89, comme chacune des portes ouvertes de nos églises, ne mènera nulle part si la porte de notre cœur est fermée, si nous sommes sans vie, sans unité et sans la joie de l’Évangile. Nous serons une porte vers Dieu si notre communauté est vivante, ouverte au Saint-Esprit et aux nouveaux venus, et si chacun y trouve sa place, sa mission et son service.

En cette rentrée paroissiale, il nous sera demandé de valoriser un talent au service de notre communauté.

Devenons de nouvelles portes du Christ dans nos quartiers !

Prions pour que nos communautés chrétiennes soient de nouvelles portes vivantes, au cœur de nos quartiers, afin que de nombreuses personnes puissent entrer, découvrir Dieu, recevoir réconfort, consolation, joie et espérance.